Les ingénieurs biomédicaux se donnent rendez-vous à Nantes

Les journées de l’Association Française des Ingénieurs Biomédicaux (AFIB) se tiendront cette année du 21 au 23 septembre à la Cité des congrès de Nantes. Ce rendez-vous est l’occasion d’échanges entre professionnels du domaine de la santé, mais également un lieu de rencontre avec les industriels, vecteurs privilégiés de l’accès à la connaissance des innovations.

Pour cette édition 2016, les organisateurs ont retenu deux thématiques importantes : l’urgence et l’Hôpital connecté.

Ces journées verront apparaitre quelques évolutions tout en maintenant un cap commun aux précédentes journées.

logo-afib2Plus de précisions avec Geneviève Gaschart, Présidente de l’AFIB

Comment s’est fait le choix des deux thématiques centrales de cette édition 2016 ?

Geneviève Gaschart : Les urgences sont, cette année, au cœur de nos échanges car elles restent l’entrée principale des patients au sein des hôpitaux. Nous évoquons cette spécialité pour accompagner son adaptation rapide à un contexte nouveau. En effet, nous constatons clairement une diminution de la prise en charge de la population par les professionnels de santé de ville, notamment en raison de différents facteurs parmi lesquels le retrait de la médecine libérale de certaines zones géographiques. De ce fait, les habitants s’orientent bien plus rapidement vers les services d’urgence hospitaliers qui reçoivent des cas plus ou moins graves. D’autre part, durant ces journées, nous aborderons les évolutions technologiques pour nous interroger, ensemble, sur la meilleure manière d’intégrer au sein de l’hôpital les nouveaux outils de communication, de surveillance et de suivi du patient, entre autres. Comme les années précédentes, ces deux thématiques seront traitées par des ateliers, des conférences et des tables rondes.

Quels sont les enjeux liés aux urgences pour les ingénieurs biomédicaux ?

G. G. : Les urgences sont comprises dans un plateau technique très vaste. L’hôpital accueillant en urgence des cas toujours plus variés, nous devons réfléchir aux différentes filières de prise en charge possibles pour adapter le plateau technique aux différents besoins liés à l’activité (« bobologie », déchoquage, etc.). Avec les participants aux journées, nous évoquerons comment l’ingénierie biomédicale peut soutenir le développement d’un plateau technique performant, répondant aux besoins des professionnels de santé et intervenant dans un environnement spécifique sur les plans architectural et financier.

Comment l’ingénieur biomédical appréhende-t-il la révolution numérique bousculant le domaine hospitalier ? Comment est-il impliqué ?

G. G. : Nous ressentons clairement l’impact des progrès numériques dans le transfert de données entre spécialités et dans certains secteurs spécifiques qui bénéficient de nouvelles solutions. Les services de cardiologie et de gynécologie-obstétrique profitent, par exemple, de nouveaux éléments de surveillance à distance. Nous constatons, grâce aux progrès du secteur numérique, un élargissement de la communication des données entre les équipes hospitalières. En tant qu’ingénieurs biomédicaux, nous devons maintenir nos échanges avec les informaticiens et les personnels médicaux et soignants. Il nous faut, ensemble, garantir l’utilisation efficace de ces données et leur sécurisation. Nos efforts et l’utilisation de systèmes modernes de suivi du patient doivent aller dans le sens de la politique de santé nationale prônant une réduction du séjour du patient en environnement hospitalier tout en assurant la qualité de sa prise en charge.

Quelles seront les autres nouveautés abordées lors de ces prochaines journées ?

G. G. : Cette année, nous aborderons l’impact de la mise en place des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) et de leur politique sur l’environnement biomédical à l’hôpital. En parallèle de l’intégration d’une politique d’ouverture dans la politique médicale des établissements de santé, les ingénieurs biomédicaux hospitaliers sont sollicités pour réaliser un bilan de l’état des équipements biomédicaux de chaque établissement composant les GHT. Une fois cet exercice réalisé et le guide du projet médical clairement établi, les ingénieurs biomédicaux pourront élaborer plusieurs hypothèses concernant l’évolution du parc biomédical et son adaptation aux nouveaux besoins des établissements.

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