© François Mainil

L’hôpital ouvert sur la ville : interfaces et espaces de perméabilité

Suivant l’évolution de la médecine, l’hôpital aigu n’est plus une citadelle solitaire et figée mais une étape dans le trajet de soins du patient. Par ailleurs, les hôpitaux agissent de plus en plus comme des acteurs socio-économiques majeurs dans le tissu urbain. En effet, ils comptent parmi les employeurs les plus importants dans pratiquement toutes les villes. L’hôpital urbain se veut donc ouvert, librement accessible depuis la ville et proche des citoyens. Des lieux d’accueil amples et actifs intégrés au sein de l’hôpital, progressivement libérés des fonctions classiques d’admission grâce à la digitalisation, renforcent l’intégration sociale et sociétale de l’institution.

Ils hébergent des activités culturelles, éducatives, récréationnelles ou commerciales à l’interface avec l’espace public hors les murs – l’hôpital est « dé-sanctuarisé »  et inscrit dans son environnement urbain. Ces « espaces de perméabilité »  constituent une étape essentielle dans le parcours du patient, qui progresse depuis l’espace urbain, très public, jusqu’aux espaces de consultations, de traitement ou d’hébergement, à caractère essentiellement privé. Le développement important de l’activité ambulatoire et des circuits ultra-courts nécessite une grande fluidité dans les échanges entre l’hôpital et son territoire.

Conséquence de la réduction du temps de séjour aigu, de nouvelles structures d’accueil intermédiaires, telles que les hôtels ou les boulevards de soins, voient aussi le jour à l’interface. Ces espaces sont également un composant essentiel de l’hôpital agissant comme « catalyseur »  pour le développement ou la réactivation de quartiers urbains. Cette présence civique appelle une réponse spatiale à la hauteur des enjeux sociaux et sociétaux.

Publié dans le Hôpital urbain, Magazine Printemps Eté 2018, Partenaires, avec les mot(s)-clef(s) . Favori avec ce permalien.