© Thomas MoellerDans un établissement de santé, l’eau est partout : dans les soins, l’hygiène, les usages quotidiens et le fonctionnement même du bâtiment. Sa maîtrise constitue donc un enjeu sanitaire majeur. Car un réseau d’eau mal conçu ou mal exploité peut favoriser le développement de biofilms et, avec eux, de bactéries pathogènes. La stagnation de l’eau, les bras morts, les écarts de température ou une isolation insuffisante des réseaux figurent parmi les principaux facteurs de risque. Dans ce contexte, la question ne se limite pas au choix des équipements terminaux. Elle se joue dès la conception du réseau : bon dimensionnement, circulation continue de l’eau, maîtrise des températures, limitation des pertes de charge, calorifugeage des canalisations, etc. Autant de paramètres qui conditionnent à la fois la qualité sanitaire de l’eau et la pérennité des installations. C’est sur ce terrain que Geberit positionne son accompagnement, avec des solutions pensées pour limiter les zones de stagnation et faciliter le pilotage des réseaux. Le système Geberit FlowFit optimisé sur le plan hydraulique et les dispositifs de rinçage forcé hygiénique participent à cette approche globale qui vise à sécuriser durablement les installations d’eau potable dans les établissements de santé.
Propos recueillis auprès de Flore Murat, Responsable Ventes Affaires Sud
Pourquoi la maîtrise de l’eau est-elle aujourd’hui un enjeu majeur dans les établissements de santé ?
Flore Murat : Un établissement de santé, en tant qu’établissement recevant du public, accueille des personnes dont l’état peut les rendre particulièrement vulnérables. À ce titre, la maîtrise de l’eau y constitue un enjeu majeur de prévention et de sécurité sanitaire. Omniprésente dans les usages quotidiens comme dans les pratiques de soins, l’eau doit faire l’objet d’une vigilance constante, tant pour protéger les patients que pour garantir aux professionnels des conditions d’exercice sûres. La qualité et la gestion des réseaux représentent donc un sujet central pour l’ensemble de l’établissement.
Quels sont, selon vous, les principaux facteurs de risque dans un réseau d’eau sanitaire ?
F. M. : Les principaux facteurs de risque sont liés au biofilm, qui se forme naturellement dans les réseaux d’eau chaude et d’eau froide sanitaire et tapisse les parois internes des canalisations. Ce biofilm constitue un milieu favorable au développement bactérien, en particulier la légionelle. Le risque est d’autant plus important lorsque l’eau stagne ou circule dans des plages de température propices à la prolifération bactérienne. Le Pseudomonas aeruginosa relève d’une autre logique de contamination : il peut se transmettre par les mains, contaminer les robinetteries, puis coloniser secondairement l’environnement humide des points d’eau.
Comment éviter, dans un premier temps, ces proliférations bactériennes ?
F. M. : La légionelle prolifère dans les réseaux d’eau chaude sanitaire lorsque la température de l’eau se situe dans une plage comprise entre 25 et 45° C. Le biofilm constitue alors un réservoir de nourriture et un support naturel pour les bactéries. Dans les établissements de santé, l’enjeu consiste donc à élever la température des réseaux d’eau chaude sanitaire pour sortir de cette zone favorable à la prolifération. En pratique, cela conduit à produire une eau chaude à des températures plus élevées, généralement entre 50 et 70° C. Mais cette exigence crée immédiatement une autre contrainte, très importante en milieu de soins : le risque de brûlure pour les patients comme pour le personnel. Il faut également boucler le réseau afin de maintenir une circulation continue et une température constante dans l’ensemble de l’installation
En quoi la stagnation de l’eau et les bras morts constituent-ils un danger particulier ?
F. M. : L’autre enjeu majeur est d’éviter la stagnation de l’eau. Les établissements de santé doivent assurer une bonne circulation de l’eau. Celle-ci doit être renouvelée à intervalles réguliers, en pratique toutes les 72 heures. Or un bras mort correspond précisément à une portion de réseau où l’eau ne circule pas. Plus l’eau reste stagnante, plus le biofilm se développe, et plus le risque bactérien augmente. Les établissements doivent donc agir sur les deux leviers en même temps : produire une eau chaude à une température suffisante, et assurer une circulation continue dans les réseaux d’eau chaude sanitaire pour limiter la formation du biofilm et, par conséquent, la prolifération bactérienne.
Lorsque ces boucles de circulation sont mal dimensionnées, certains établissements recourent à des chocs thermiques ou chlorés. Pourquoi ces pratiques ne peuvent-elles pas constituer une réponse satisfaisante à long terme ?
F. M. : Les établissements de santé doivent effectuer des prélèvements réguliers sur leurs réseaux d’eau chaude et d’eau froide sanitaire. Ils disposent de seuils de tolérance à respecter. Lorsque les résultats montrent un dépassement, ils peuvent être amenés à mettre en œuvre des chocs chlorés ou des chocs thermiques. Mais ce n’est pas une solution satisfaisante à long terme, parce que ces opérations malmènent fortement les installations. Elles sollicitent à la fois les canalisations, le réseau d’eau chaude sanitaire et l’ensemble des points de puisage, c’est-à-dire les robinetteries. À terme, cette pratique dégrade rapidement les équipements. Les établissements doivent alors remplacer des portions de réseau, voire des robinetteries entières. Le coût est donc très important, aussi bien en exploitation qu’en maintenance.
