© ©DELABIELa question des matériaux au contact de l’eau potable occupe aujourd’hui une place croissante dans les réflexions des industriels du sanitaire. Sous l’effet des évolutions réglementaires européennes, les exigences relatives à la migration des métaux dans l’eau destinée à la consommation humaine se renforcent progressivement. La révision de la directive sur l’eau potable marque une étape importante dans cette évolution, en abaissant notamment les seuils admissibles de plomb mesurés au robinet. Cette évolution réglementaire s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation du secteur. Elle conduit l’ensemble de la filière (fabricants d’équipements, concepteurs d’installations et gestionnaires d’établissements) à interroger les matériaux traditionnellement utilisés dans les réseaux d’eau sanitaire. Si le laiton demeure aujourd’hui le matériau de référence dans la robinetterie, les industriels doivent désormais adapter leurs procédés de fabrication, leurs approvisionnements et parfois même leurs conceptions produits afin de répondre aux nouvelles exigences. Dans les environnements particulièrement sensibles, comme les établissements de santé ou les établissements recevant du public, ces évolutions s’ajoutent à des exigences déjà élevées en matière d’hygiène, de sécurité sanitaire et de durabilité des équipements. Les solutions développées doivent en effet concilier maîtrise des risques microbiologiques, robustesse des installations et conformité réglementaire. Présent de longue date sur les marchés hospitaliers et internationaux, le groupe DELABIE a engagé depuis plusieurs années des travaux visant à anticiper ces évolutions. Qu’il s’agisse d’adapter les alliages utilisés, de repenser les voies d’eau ou d’explorer de nouveaux matériaux, l’entreprise s’inscrit dans une démarche d’innovation progressive destinée à accompagner la transformation du secteur.
Propos recueillis auprès de Céline Caille, Directrice de marché – Gamme Santé et Sébastien Spriet, Responsable Certifications Groupe, Essais & Environnement, DELABIE
Quels sont les enjeux sanitaires associés à la question de la présence de plomb dans les matériaux au contact de l’eau potable ?
La question du plomb dans les matériaux au contact de l’eau potable s’inscrit avant tout dans une évolution réglementaire européenne. Il ne s’agit pas d’une problématique nouvelle ou d’un risque sanitaire soudainement apparu, mais plutôt d’un renforcement progressif des exigences afin d’améliorer encore la qualité de l’eau distribuée au robinet. La nouvelle directive européenne relative à l’eau potable prévoit notamment une réduction des seuils admissibles de plomb dans l’eau destinée à la consommation humaine. Concrètement, les valeurs limites mesurées au robinet ont été divisées par deux. Cette évolution entraîne mécaniquement une adaptation des matériaux utilisés dans les installations, afin de garantir que l’ensemble des équipements en contact avec l’eau reste conforme à ces nouvelles exigences dans les années à venir. Il est important de rappeler que la robinetterie ne constitue qu’un élément parmi d’autres dans une installation. Les réseaux d’eau d’un bâtiment à l’image des établissements de santé peuvent comporter des dizaines, voire des centaines de mètres de canalisations. La contribution d’un robinet à la présence éventuelle de métaux dans l’eau reste donc relativement limitée à l’échelle globale du réseau. Néanmoins, l’ensemble des acteurs de la filière doit se mettre en conformité avec cette évolution réglementaire. Les fabricants de robinetterie, comme les autres industriels intervenant sur les matériaux au contact de l’eau potable, doivent donc adapter leurs produits afin de répondre aux futures exigences européennes.
Aujourd’hui, la réglementation européenne a évolué sur cette question. Où en est-on précisément ?
La nouvelle réglementation européenne prévoit une réduction significative du seuil admissible de plomb dans l’eau destinée à la consommation humaine. La valeur limite passe de 10 microgrammes par litre à 5 microgrammes par litre, soit une division par deux de la concentration maximale autorisée. Cette évolution ne se traduit pas par un basculement immédiat pour l’ensemble des équipements déjà en place. Il s’agit plutôt d’une trajectoire réglementaire qui oblige les fabricants à anticiper dès aujourd’hui la mise sur le marché de produits conformes aux exigences futures. Les nouvelles robinetteries doivent ainsi être conçues de manière à limiter au maximum les phénomènes de migration de plomb dans l’eau.
Concrètement, cette évolution se traduit par une transformation des matériaux utilisés pour la fabrication des composants en contact avec l’eau potable. Les alliages de laiton autorisés sont désormais des laitons dits « sans plomb » ou à très faible teneur en plomb, parfois désignés dans l’industrie comme des alliages « lead-free ». L’objectif est de réduire au maximum la contribution potentielle de ces matériaux aux concentrations mesurées au robinet, afin de garantir la conformité des installations avec les futures exigences européennes.
