
Le projet de transformation et d’extension de l’Hôpital de Braine-l’Alleud ouvre une nouvelle étape dans le développement du site hospitalier du CHIREC. Plutôt que d’engager une rénovation progressive des infrastructures existantes, le parti retenu consiste à déplacer le cœur des activités vers un nouveau pôle médico-technique, implanté sur une friche industrielle. Un choix qui restructure le campus en profondeur et donne au site les capacités d’évolution nécessaires pour accompagner durablement les pratiques hospitalières. Conçu par archipelago, le projet s’appuie sur une approche globale dans laquelle architecture, paysage et performance environnementale sont étroitement liés. La reconversion du site industriel s’accompagne notamment de la réouverture du Hain, du développement d’espaces verts, de jardins thérapeutiques et de terrasses paysagées. La nature devient ainsi une composante à part entière du projet, au service du bien-être des patients comme de la qualité des conditions de travail. Face aux enjeux climatiques, la conception privilégie une démarche de « performance-based design », destinée à ajuster dès les premières esquisses les réponses architecturales aux performances recherchées. Façade adaptative, maîtrise de la lumière et du confort thermique, modularité, préfabrication et réversibilité participent d’une même ambition : construire de manière sobre et raisonnée tout en offrant à l’hôpital la capacité de se transformer dans le temps. À Braine-l’Alleud, cette stratégie dessine ainsi un campus renouvelé, où le « prendre soin » s’étend du bâtiment à ses usagers, à son environnement et à son territoire.
Propos recueillis auprès de Laurent Grisay, Roland Roquiny, Nicolas Van Oost
Comment définiriez-vous ce projet de transformation et d’extension de l’Hôpital de Braine-l’Alleud ?
Commençons par resituer le cadre de l’intervention. Comme de nombreux hôpitaux urbains, l’hôpital de Braine-l’Alleud-Waterloo est le fruit d’une longue histoire. Au fil des décennies, le complexe hospitalier s’est développé par l’agrégation de nouveaux bâtiments à partir d’un modeste centre de soins pour atteindre une taille critique. Au point de se sentir aujourd’hui à l’étroit dans ses murs et de nécessiter une restructuration complète tant sur le plan fonctionnel qu’environnemental.
Adossé au centre-ville de Braine-l’Alleud, le campus occupe le versant d’une rivière qui marque la limite de l’urbanisation. L’acquisition d’un vaste terrain en contrebas de l’hôpital ouvre la voie à la construction de nouvelles infrastructures et à la réorganisation de l’ensemble du campus. L’opération est complexe et s’inscrit dans la durée : l’activité hospitalière sera maintenue en activité sans interruption pendant les travaux.
Dans une vision prospective, il ne suffit pas seulement d’ajouter un nouveau bâtiment, mais de recomposer l’ensemble du site autour d’un outil hospitalier plus lisible, plus performant, plus résilient et mieux adapté aux besoins de son bassin de soins. Le groupe CHIREC est reconnu pour la qualité de la prise en charge de ses patients. Pour conserver ce niveau d’excellence, il doit absolument anticiper, parmi d’autres évolutions, le vieillissement de sa patientèle, la croissance de l’hospitalisation de jour et le développement de cliniques spécialisées.
Pour répondre à l’ambition du programme et aux contraintes du site, nous avons proposé de regrouper les fonctions médico-techniques lourdes dans une infrastructure neuve, compacte et évolutive, tout en requalifiant les bâtiments existants pour des activités plus compatibles avec leur morphologie. Cette stratégie dote l’hôpital d’un nouveau cœur d’activité, simplifie les parcours, réduit les nuisances liées aux travaux et libère de l’espace pour des développements futurs.
Quels sont les enjeux de ce projet pour le site hospitalier du CHIREC ?
L’enjeu principal est de garantir la pérennité du site de Braine-l’Alleud-Waterloo pour les décennies à venir. Et par conséquent de concentrer les investissements là où ils produisent le plus d’impact : dans un nouveau bâtiment capable d’accueillir les services critiques, d’améliorer les conditions de travail du personnel et d’offrir aux patients un environnement de soins plus sécurisé et plus confortable.
Le projet répond aussi à des enjeux opérationnels majeurs. Il optimise les flux et renforce la séparation entre les parcours publics, médicaux et logistiques. Et surtout, il améliore la continuité fonctionnelle entre les unités de soins et les services critiques : urgences, imagerie, soins intensifs, quartier opératoire et bloc obstétrique.
Enfin, le projet porte des enjeux environnementaux et urbains. Il améliore les performances énergétiques du bâti existant, prépare le site à une trajectoire bas-carbone et réinscrit l’hôpital dans son paysage grâce à la renaturation de la rivière, le Hain, à la création de jardins thérapeutiques, à la végétalisation des toitures et à la réduction des surfaces imperméabilisées.
