© Vladimir de Mollerat du JeuInauguré le 3 juillet, le Centre de Recherche en Santé Intégrée (CReSI) marque une nouvelle étape dans le développement du campus santé grenoblois. Porté par l’Université Grenoble Alpes, le CHU Grenoble Alpes et Grenoble-Alpes Métropole, le CReSI rassemble chercheurs, cliniciens, étudiants et équipes spécialisées au sein de plateformes dédiées à la recherche et à l’innovation en santé. Implanté sur le site de l’ancien hôpital militaire, au cœur de la ZAC du Cadran Solaire, le bâtiment participe à la transformation d’un territoire historiquement lié au soin. Son architecture contemporaine s’inscrit dans cette recomposition urbaine, notamment à travers La Tourette, dont la silhouette élancée et la couronne en bois constituent un nouveau repère dans le quartier. La conception du CReSI associe flexibilité des espaces, qualité d’usage et ambition environnementale. Le recours au bois, aux matériaux biosourcés et au réemploi, ainsi que la performance de l’enveloppe et des équipements énergétiques, ont permis au projet d’atteindre le niveau E3C1 du label E+C-. Une approche globale qui accompagne les évolutions rapides de la recherche tout en offrant aux équipes un cadre de travail durable, confortable et propice aux échanges.
Propos recueillis auprès de Maxime Damman, architecte et associé chez Chabanne Architecte, et
Simon Noury, Chef de projet énergétique et environnement chez Chabanne Ingénierie
Comment définiriez-vous cette opération du CReSI et quels en étaient les principaux enjeux architecturaux, scientifiques et environnementaux ?
Cette opération concentre de nombreux enjeux propres à l’architecture de santé. Elle s’inscrit dans une réflexion qui dépasse largement l’échelle du bâtiment, puisqu’elle participe à la transformation du site du CHU Grenoble Alpes, à La Tronche, tout en accompagnant le développement de l’Université Grenoble Alpes et de la métropole. Le projet occupe ainsi une place importante au sein d’un véritable îlot urbain et doit être appréhendé dans son environnement territorial plus large. L’ambition environnementale constituait également un enjeu majeur. Elle était clairement exprimée par la maîtrise d’ouvrage dès le programme, à travers des objectifs exigeants portant sur le choix des matériaux, la réduction de l’empreinte carbone, la qualité de l’air intérieur et le confort des usagers. Ces préoccupations entrent directement en résonance avec les travaux menés au sein du centre, notamment sur le confort et les réactions des usagers dans les établissements de santé et les EHPAD. Notre réponse architecturale a donc cherché à traduire au mieux cette approche globale de la santé, en privilégiant des matériaux sains et des espaces favorables au bien-être.
Inauguré le 3 juillet dernier, le CReSI réunit dans un même ensemble plusieurs profils différents. Comment avez-vous traduit cette ambition collaborative dans la conception du bâtiment ?
Le projet reflète directement le fonctionnement du CReSI qui rassemble au sein de différentes plateformes des chercheurs, des équipes de laboratoire, des étudiants et des doctorants. Cette diversité crée une organisation très croisée, presque conçue comme un « millefeuille », dans lequel les activités et les disciplines se superposent tout en restant étroitement liées. Nous avons cherché à traduire cette dynamique collective à travers un hall en double hauteur, pensé comme un véritable forum à l’échelle du bâtiment. Cet espace fédérateur relie les différentes plateformes, facilite les échanges informels et affirme le caractère institutionnel du lieu. La conception s’est également appuyée sur un dialogue particulièrement étroit avec les futurs utilisateurs. De nombreuses réunions ont permis de comprendre le fonctionnement de chaque entité, ses attentes et ses besoins spécifiques. Le projet ne s’est donc pas construit uniquement avec la maîtrise d’ouvrage et ses assistants, mais directement avec les chercheurs et les équipes appelés à occuper le bâtiment, afin d’adapter les espaces au plus près de leurs pratiques.
Le CReSI s’implante sur le site de l’ancien hôpital militaire, étroitement lié à l’histoire hospitalière grenobloise. Comment avez-vous inscrit une architecture contemporaine dans ce lieu porteur de mémoire ?
Le projet prend place au sein de la ZAC du Cadran Solaire, conçue comme un nouveau morceau de ville à partir d’un cadre urbain défini à l’échelle de l’ensemble du site. Cette opération, développée sur un terrain appartenant à Grenoble Alpes Métropole, rassemble des programmes très différents : le CReSI, une résidence et un restaurant universitaires du CROUS, ainsi que plusieurs opérations de logements. L’enjeu consistait donc à inscrire le bâtiment dans une composition cohérente, malgré la diversité des architectures et des usages. La pente du terrain, les prescriptions urbaines et les différentes contraintes du site ont fortement influencé la conception. Loin de constituer des obstacles, elles ont nourri le projet et permis de construire une réponse étroitement liée à son environnement. Nous apprécions rarement l’idée d’une feuille blanche : les caractéristiques d’un lieu, son histoire et les règles qui l’organisent constituent au contraire des points d’appui essentiels pour concevoir une architecture contemporaine capable de participer à un ensemble urbain plus large.
