© Faust FavartDu 12 au 14 octobre, les Journées de l’Architecture en Santé retrouveront Menton pour une huitième édition qui s’annonce particulièrement dense. Le programme 2026 ne se contente pas d’aligner les projets : il met en regard les grandes transformations actuellement engagées dans les établissements de santé, leurs arbitrages, leurs contraintes et les réponses architecturales qu’elles appellent. Cette année, la forte mobilisation des directions hospitalières en constitue d’ailleurs l’un des signes les plus intéressants.
Quand les directions hospitalières viennent parler projet
La forte mobilisation des directions hospitalières constituera l’un des temps forts de cette huitième édition. Dès la première journée, une table ronde réunira Claire Charmet, directrice générale du CHUV Lausanne, Laëtitia Micaelli-Flender, directrice générale du CHU de Reims, et Benoîte Rousseau de Sevelinges, directeur général du CHPG Monaco, autour d’une question centrale : comment construire un hôpital plus résilient, plus humain, plus agile et plus performant ? Une manière d’ouvrir le débat par la vision des dirigeants, confrontés au quotidien aux arbitrages entre ambitions médicales, contraintes économiques, transformation des organisations et évolution des attentes.
Cette présence des directions se prolongera avec plusieurs grands projets hospitaliers. François Crémieux, directeur général de l’AP-HM, viendra présenter « Cap sur 2030 », le programme de modernisation engagé à Marseille, tandis que Vincent-Nicolas Delpech, directeur général du CHU de Bordeaux, abordera, à travers le projet de l’Institut de Biologie Pathologie, la question de l’incertitude et de l’adaptabilité dans la construction hospitalière. Benoîte Rousseau de Sevelinges présentera également le nouveau Centre Hospitalier Princesse Grace de Monaco. Trois situations différentes, mais une même interrogation en filigrane : comment transformer profondément un établissement tout en préparant ses évolutions futures ? Cette présence des directions générales est loin d’être anecdotique. Elle témoigne d’une évolution profonde des projets hospitaliers : les choix immobiliers ne peuvent plus être dissociés du projet médical, de la stratégie d’établissement, de l’organisation des soins, des ressources humaines ou encore des capacités financières. L’architecture intervient désormais au cœur de décisions qui engagent les établissements pour plusieurs décennies.
L’adaptabilité comme fil rouge
Cette question du temps long traversera une large partie du programme. Hôpital évolutif, anticipation des crises, transformation du patrimoine existant, passage du schéma directeur à l’opérationnel : derrière des approches différentes apparaît une même préoccupation, celle de concevoir des établissements capables de changer. La réflexion concernera aussi bien les constructions neuves que la régénération d’hôpitaux existants. Réutiliser et adapter les bâtiments des années 1960 et 1970, intervenir en site occupé ou imaginer des structures susceptibles d’absorber de nouvelles organisations deviennent des sujets centraux à mesure que les contraintes foncières, économiques et environnementales s’intensifient.
L’autre grand enjeu sera celui de l’adaptation climatique. Le nouveau CHU de la Guadeloupe offrira un retour d’expérience particulièrement parlant sur la conception d’un établissement confronté à des conditions extrêmes, tandis qu’un atelier spécifique interrogera la manière de concevoir avec la réalité climatique plutôt que de chercher à s’en affranchir. Réemploi, résilience des infrastructures et évaluation environnementale des sites prolongeront cette réflexion.
