
Avec « Cap sur 2030 », l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille engage une transformation majeure de son patrimoine hospitalier. Inscrite dans la dynamique de « Marseille en grand », cette démarche conjugue restructuration de bâtiments existants, constructions neuves et réorganisation des activités afin d’accompagner l’évolution des pratiques médicales et des parcours de soins, tout en améliorant les conditions d’accueil et de travail. Trois opérations illustrent particulièrement cette ambition : la rénovation de l’Hôpital Nord, menée avec Pierre Tourre, le futur Hôpital Femmes-Parents-Enfants de La Timone, imaginé par Michel Beauvais Associés et Oteis, et le bâtiment cardiovasculaire de l’Hôpital Nord, signé Groupe-6. Trois programmes et trois contextes différents, qui traduisent une même volonté de faire évoluer l’hôpital sans perdre de vue son fonctionnement quotidien, son inscription dans la ville et les enjeux environnementaux propres au territoire méditerranéen.
Propos recueillis auprès de Céline Pelletier-Thibault, directrice des travaux et de la planification immobilière de l’AP-HM
Que recouvre la démarche « Cap sur 2030 » et quelles transformations doit-elle permettre pour l’AP-HM ?
Céline Pelletier-Thibault : « Cap sur 2030 » est un ambitieux projet de modernisation qui concerne tant la modernisation du patrimoine immobilier que la transformation des organisations. Le projet immobilier emporte à la fois la rénovation d’infrastructures existantes sur l’ensemble de nos 4 sites, et notamment les deux immeubles de grande hauteur construits dans les années 1970, et sur la réalisation de nouveaux bâtiments, avec deux constructions neuves sur le site de La Timone et une à l’Hôpital Nord. À terme, ce programme doit permettre de moderniser près de 40 % des surfaces actuelles et de faire fortement reculer le taux de vétusté de notre patrimoine à l’horizon 2030.
L’un des objectifs majeurs est également de faire évoluer les conditions de prise en charge. Les activités ambulatoires seront notamment regroupées dans des espaces facilement accessibles, tandis que les unités d’hospitalisation seront profondément modernisées. Nous allons ainsi passer d’un parc constitué majoritairement de chambres doubles, avec des commodités parfois limitées, à plus de 70 % de chambres individuelles disposant de sanitaires et de douches, avec un niveau de confort hôtelier correspondant aux standards attendus aujourd’hui.
À quand remontent les premières réflexions autour de « Cap sur 2030 » et comment le projet s’est-il structuré ?
C. P.-T. : Les premières réflexions remontent peu avant 2019 : elles ont débuté avec l’élaboration d’un schéma directeur immobilier à l’échelle de l’ensemble des sites de l’AP-HM, parallèlement à la redéfinition des besoins liés au projet médical. En 2020, le projet a ensuite été validé par le COPERMO, remplacé depuis par le Comité National de l’Investissement en Santé (CNIS) ce qui a permis d’en sécuriser le financement, avec le soutien non seulement de l’Etat et également de l’ensemble des collectivités territoriales (Région Provence Alpes Côte d’Azur, Département des Bouches-du-Rhône, Aix – Marseille Métropole, et la Mairie de Marseille) puis d’engager sa mise en œuvre.
Quelle place occupent la rénovation de l’Hôpital Nord, l’Hôpital Femmes-Parents-Enfants de La Timone et le bâtiment cardiovasculaire dans la démarche « Cap sur 2030 » ?
C. P.-T. : Ces trois opérations occupent une place centrale et permettent d’illustrer différentes facettes de « Cap sur 2030 », avec des réponses apportées à des besoins très différents. Elles représentent une large part du projet de modernisation, aux côtés notamment de la rénovation de La Timone, de la construction du nouveau SAMU et des différentes opérations de rocade menées sur l’ensemble des sites.
À l’Hôpital Nord, la rénovation de l’immeuble de grande hauteur relève d’une logique de revalorisation et de restructuration profonde du patrimoine existant. L’Hôpital Femmes-Parents-Enfants de La Timone constitue, quant à lui, l’aboutissement d’une réflexion ancienne : un premier projet avait déjà été envisagé dans le cadre du plan Hôpital 2007, sans pouvoir alors aboutir.
Le bâtiment cardiovasculaire de l’Hôpital Nord présente encore une autre logique. Il ne figurait pas dans le périmètre initial de « Cap sur 2030 », mais les besoins identifiés lors de la définition du projet, ainsi que la nécessité d’avancer rapidement sur la réhabilitation de l’hôpital, nous ont conduits à imaginer initialement un bâtiment de rocade. Progressivement, celui-ci est devenu un bâtiment à part entière, parfaitement intégré aujourd’hui au fonctionnement et à l’organisation du site.
