
Au cœur de la transformation du site Côte de Nacre, le CHU Caen Normandie construit un nouvel Institut de cancérologie afin de répondre à la progression de l’activité et d’améliorer la lisibilité des parcours. Conçu par AFA+SANAE, le bâtiment de 3 651 m² réunira l’imagerie et le diagnostic, les consultations, 52 places de chimiothérapie, les soins de support et une partie des fonctions administratives. Relié au Centre universitaire de soins dentaires, il disposera néanmoins d’une entrée propre, clairement identifiable, et s’ouvrira sur la future place de la Canopée. Le projet associe efficacité fonctionnelle et qualité d’accueil. La répartition de la chimiothérapie sur deux niveaux limite les déplacements et offre une échelle plus humaine, tandis qu’un patio, des balcons et une terrasse apportent lumière naturelle, vues et espaces de respiration. Les ambiances intérieures, inspirées des codes de l’hôtellerie, accompagnent des patients amenés à fréquenter régulièrement l’établissement. Compacité, connexions entre bâtiments et réserves d’extension permettront également à l’Institut de suivre l’évolution des activités et des pratiques de soins.
Propos recueillis auprès de Sébastien Petit, architecte, AFA+SANAE et Kévin Chapelain, chef de projet en maître d’ouvrage, CHU Caen Normandie
Dans quel contexte le CHU Caen Normandie a-t-il décidé de créer ce nouvel Institut de cancérologie ?
Kévin Chapelain : La création de ce nouvel institut répond d’abord à une forte hausse de l’activité en cancérologie. En 2021, j’avais moi-même suivi la réalisation d’un plateau d’oncologie au sein de l’établissement actuel, aujourd’hui en cours de reconstruction. Face à l’évolution rapide des besoins, cet équipement s’est toutefois révélé sous-dimensionné. Les surfaces initialement prévues dans le projet de reconstruction ne répondaient plus aux besoins fonctionnels du service ni à l’implantation souhaitée. Le CHU a donc engagé la création d’un institut dédié, capable d’accompagner durablement le développement de l’activité.
Quels sont les enjeux d’un tel projet pour AFA+SANAE ?
Sébastien Petit : Le principal enjeu consiste à proposer un bâtiment pleinement adapté aux besoins des utilisateurs, qu’il s’agisse des équipes soignantes ou des patients. Ces derniers sont particulièrement fragiles et seront amenés à fréquenter régulièrement l’institut, ce qui exige une attention très particulière à leurs parcours et à leurs conditions d’accueil. Nous avons donc travaillé en étroite collaboration avec Kévin Chapelain et les équipes du CHU afin de comprendre précisément leurs attentes. Cette démarche a reposé sur de nombreux échanges et des réunions régulières pour approfondir chaque besoin jusque dans ses moindres détails. L’objectif est de livrer un bâtiment qui corresponde réellement aux usages, tout en anticipant leur évolution. Cette capacité d’adaptation a été intégrée dès les premières phases de conception, même si elle ne figurait pas explicitement dans le programme du concours. L’implantation du bâtiment préserve notamment des réserves foncières qui permettront au CHU d’envisager de futures extensions.
Comment l’Institut s’inscrit-il dans la transformation du site Côte de Nacre et dans son environnement hospitalier ?
S. P. : Le site Côte de Nacre connaît actuellement une transformation complète. Les activités encore regroupées dans la tour principale seront progressivement transférées vers les différents bâtiments en cours de construction, avant la démolition de cette dernière. Dans ce contexte, nous avons cherché à inscrire l’Institut de Cancérologie dans la continuité du projet architectural déjà développé par nos confrères à l’échelle du campus. Nous n’avons pas souhaité introduire une nouvelle écriture, mais prolonger celle qui existe déjà. L’implantation du bâtiment a toutefois fait l’objet d’une réflexion particulière afin de préserver les perspectives au cœur du site et de créer un véritable dialogue avec la future place de la Canopée. Cet espace central, largement arboré, constituera un élément majeur du nouveau campus. Nous avons donc aménagé des balcons destinés aux patients, ouverts sur cette place et sur son environnement paysager. La dimension urbaine a ainsi occupé une place essentielle dans la composition du projet et dans notre réponse architecturale.
K. C. : Le projet répond pleinement aux attentes du CHU, malgré une emprise relativement contrainte. La continuité recherchée est à la fois architecturale et fonctionnelle. La place de la Canopée permettra notamment de relier les différents bâtiments et de faciliter les cheminements piétons vers les différents plateaux du site.
